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10 ŒUVRES AUX ENCHÈRES EN EUROPE Octobre 4/2026

Photo du rédacteur: gerard van weyenbergh
gerard van weyenbergh
il y a 2 minutes
7 min de lecture








 4 Octobre 2026

Cette semaine, j’ai délibérément décidé de regarder au-delà de Sotheby’s, Christie’s et Phillips.

Certaines des opportunités les plus intéressantes peuvent apparaître dans des maisons de ventes européennes régionales ou spécialisées, où un artiste important, une œuvre ancienne, une provenance particulière ou simplement une estimation attractive peuvent recevoir beaucoup moins d’attention internationale.






Voici 10 œuvres qui, selon moi, méritent un second regard.

1. MANOLO MILLARES — Sans titre, 1962

PIASA — Paris, France — 27 octobre 2026 Estimation : 150 000–200 000 €

POURQUOI EST-CE QUE JE M’Y INTÉRESSERAIS ?

La date de 1962 attire immédiatement mon attention.

Millares fut l’une des figures majeures de l’abstraction espagnole d’après-guerre, et les œuvres de cette période de maturité peuvent avoir une présence physique exceptionnelle.

À 150 000–200 000 €, l’œuvre n’est évidemment pas bon marché. Mais c’est précisément le type de tableau pour lequel je comparerais l’importance historique de l’artiste avec les prix atteints par certains de ses contemporains européens et américains aujourd’hui beaucoup plus chers.

QU’EST-CE QUI M’INQUIÉTERAIT ? Chez Millares, l’état de conservation est fondamental. Son utilisation de la toile de jute, des déchirures, coutures et surfaces fortement travaillées exige une étude très attentive des restaurations éventuelles. Je voudrais également connaître la provenance complète et l’historique des expositions.

2. EDUARDO CHILLIDA — Sans titre, 1961

PIASA — Paris, France — 27 octobre 2026 Estimation : 12 000–18 000 €

POURQUOI EST-CE QUE JE M’Y INTÉRESSERAIS ?

La combinaison Chillida + 1961 + une estimation débutant à seulement 12 000 € suffit pour que je m’arrête et que j’examine le dossier.

Chillida est l’un des grands sculpteurs européens de la seconde moitié du XXᵉ siècle. Une œuvre ancienne liée à son vocabulaire artistique, proposée à ce niveau de prix, mérite d’être étudiée.

Cela ne signifie pas automatiquement qu’elle est bon marché.

Cela signifie simplement que l’estimation pose une question intéressante.

QU’EST-CE QUI M’INQUIÉTERAIT ? La technique, les dimensions et l’importance de cette œuvre dans la production de Chillida sont essentielles. Je voudrais déterminer exactement ce que nous achetons, sa provenance, sa documentation et sa place réelle dans l’œuvre de l’artiste.

3. MIQUEL BARCELÓ — Poisson coupé, Paris.IX.1983

PIASA — Paris, France — 27 octobre 2026 Estimation : 20 000–30 000 €

POURQUOI EST-CE QUE JE M’Y INTÉRESSERAIS ?

C’est avant tout la date de 1983 qui m’intéresse.

La carrière internationale de Barceló s’accélère considérablement au début des années 1980.

Je préfère donc examiner une œuvre provenant d’une période historiquement importante plutôt que d’acheter simplement une œuvre plus tardive parce qu’elle porte la signature de Barceló.

À 20 000–30 000 €, l’estimation est également suffisamment accessible pour justifier une recherche approfondie.

QU’EST-CE QUI M’INQUIÉTERAIT ? Je voudrais connaître la technique, les dimensions, l’historique des expositions et surtout déterminer dans quelle mesure cette œuvre correspond aux recherches qui ont rendu Barceló important au début des années 1980.

4. MANUEL RIVERA — Estanque Lunar, 1969–1970

PIASA — Paris, France — 27 octobre 2026 Estimation : 50 000–70 000 €

POURQUOI EST-CE QUE JE M’Y INTÉRESSERAIS ?

Rivera est exactement le type d’artiste que je souhaite découvrir dans cette sélection.

Il fut l’un des membres fondateurs du groupe espagnol El Paso, aux côtés notamment de Millares, mais son marché international reste beaucoup moins visible.

Une œuvre importante de 1969–1970 estimée 50 000–70 000 € soulève donc une question intéressante :

Existe-t-il aujourd’hui un décalage entre l’importance historique de l’artiste et sa valeur sur le marché ?

Cela mérite une recherche.

QU’EST-CE QUI M’INQUIÉTERAIT ? Un marché moins international signifie également une liquidité plus faible. J’achèterais un Rivera important pour sa qualité et son importance historique, et non dans l’espoir de le revendre rapidement.

5. LUCIO MUÑOZ — Sans titre, 1964

PIASA — Paris, France — 27 octobre 2026 Estimation : 18 000–25 000 €

POURQUOI EST-CE QUE JE M’Y INTÉRESSERAIS ?

Encore une fois, c’est la relation entre la date et le prix qui attire mon attention.

Muñoz fut une figure importante de l’abstraction espagnole d’après-guerre, notamment grâce à son travail expérimental sur les supports et les surfaces.

Une œuvre de 1964 proposée sous les 25 000 € mérite donc d’être examinée, particulièrement pour un collectionneur recherchant une abstraction européenne historiquement importante sans payer les prix des artistes les plus médiatisés.

QU’EST-CE QUI M’INQUIÉTERAIT ? Le marché reste spécialisé. L’état de conservation est également particulièrement important en raison des matériaux et des surfaces expérimentales utilisés par Muñoz.

6. KAREL APPEL — Arbre pleurant (Crying Tree), 1973

Venduehuis der Notarissen — La Haye, Pays-Bas — 14 octobre 2026 Estimation : 20 000–30 000 €

POURQUOI EST-CE QUE JE M’Y INTÉRESSERAIS ?

Une importante huile de Karel Appel estimée seulement 20 000–30 000 € mérite immédiatement un examen.

Appel est l’une des figures centrales du mouvement CoBrA et bénéficie d’une véritable reconnaissance muséale internationale.

Pourtant, son immense production signifie que le marché peut parfois négliger de très bons tableaux.

Cette œuvre présenterait également une provenance Martha Jackson Gallery, élément que je voudrais naturellement vérifier attentivement.

QU’EST-CE QUI M’INQUIÉTERAIT ? Le marché d’Appel est extrêmement sensible à la qualité. Il existe beaucoup d’œuvres disponibles. Une signature d’Appel ne suffit donc absolument pas : je regarderais la composition, les dimensions, la période, la provenance et surtout la force visuelle du tableau.

7. CORNEILLE — Plein Air, 1965

Venduehuis der Notarissen — La Haye, Pays-Bas — 14 octobre 2026 Estimation : 20 000–30 000 €

POURQUOI EST-CE QUE JE M’Y INTÉRESSERAIS ?

La date de 1965 est particulièrement intéressante.

Comme Appel, Corneille a énormément produit. Mais les bonnes peintures des années 1950 et 1960 doivent être clairement distinguées de l’immense quantité d’œuvres commerciales plus tardives portant son nom.

Une peinture importante de 1965 accompagnée d’un historique d’exposition documenté mérite donc beaucoup plus mon attention que simplement « un Corneille ».

QU’EST-CE QUI M’INQUIÉTERAIT ? L’offre. Il existe énormément de Corneille sur le marché. Je serais donc extrêmement sélectif sur la date, la provenance, les expositions et surtout la qualité.

8. MICHAEL KVIUM — Portrait of a Possessed, 1985

Bruun Rasmussen — Danemark — 6 octobre 2026 Estimation : consulter le catalogue actuel

POURQUOI EST-CE QUE JE M’Y INTÉRESSERAIS ?

C’est exactement le type de découverte du marché scandinave que je souhaite faire apparaître dans cette sélection hebdomadaire.

Il s’agit d’une huile sur toile ancienne, datée de 1985, mesurant 100 × 81 cm.

Kvium est ensuite devenu l’un des peintres contemporains danois les plus connus, notamment pour son univers figuratif psychologiquement troublant.

Une peinture ancienne présentant déjà cette intensité psychologique peut donc être beaucoup plus intéressante qu’une œuvre tardive et plus prévisible.

QU’EST-CE QUI M’INQUIÉTERAIT ? Le marché le plus important de Kvium reste concentré en Scandinavie. Je comparerais donc attentivement cette œuvre avec ses autres peintures anciennes afin de déterminer la véritable importance de 1985 dans son évolution.

9. TOM WESSELMANN — Bedroom Face with Orange Wallpaper, 1987

Bernaerts Auctioneers — Anvers, Belgique — 8 octobre 2026 Estimation : 15 000–20 000 €

POURQUOI EST-CE QUE JE M’Y INTÉRESSERAIS ?

Wesselmann est l’une des figures importantes du Pop Art américain et l’image est immédiatement reconnaissable.

L’estimation de 15 000–20 000 € permet également d’accéder à un artiste international établi à un niveau de prix encore relativement raisonnable.

Mais il existe une distinction essentielle :

Il s’agit d’une sérigraphie, et non d’une œuvre unique.

Cela ne rend pas l’œuvre inintéressante. Cela signifie simplement que le collectionneur doit parfaitement comprendre ce qu’il achète.

QU’EST-CE QUI M’INQUIÉTERAIT ? Le tirage, la qualité de l’impression, les éventuelles décolorations, l’état du papier, la signature, la numérotation et la provenance doivent être vérifiés. Je ne comparerais jamais le prix d’une édition avec celui des œuvres uniques de Wesselmann.

10. KEITH HARING — Pop Shop III, 1989

Bernaerts Auctioneers — Anvers, Belgique — 10–11 octobre 2026 Estimation : 100 000–120 000 €

POURQUOI EST-CE QUE JE M’Y INTÉRESSERAIS ?

C’est avant tout la provenance qui attire mon attention.

Il s’agit de la série complète de quatre sérigraphies en couleurs et, selon Bernaerts, le propriétaire actuel aurait personnellement acheté le portfolio au Pop Shop de Keith Haring à New York en 1989.

C’est une provenance directe particulièrement séduisante.

La maison de ventes décrit également l’ensemble comme étant dans un état pratiquement impeccable.

Pour une œuvre éditée de Haring, l’intégrité de la série, l’état et la provenance peuvent faire une différence considérable.

QU’EST-CE QUI M’INQUIÉTERAIT ? 100 000–120 000 € représentent une somme importante pour une édition. Je vérifierais donc chaque feuille individuellement : état, signature, numérotation, informations sur l’édition et documents confirmant l’achat au Pop Shop. Je comparerais ensuite le coût total, frais compris, avec les résultats récents obtenus pour des séries complètes comparables.

LES TROIS ŒUVRES QUE J’ÉTUDIERAIS EN PREMIER

1. EDUARDO CHILLIDA — Sans titre, 1961

Pas nécessairement parce qu’il s’agit de la meilleure œuvre de cette sélection, mais parce que 12 000–18 000 € pour un Chillida de 1961 soulève immédiatement une question.

Existe-t-il une véritable différence entre l’importance de l’artiste, la date et l’estimation ?

Ou existe-t-il une raison parfaitement logique expliquant ce prix ?

C’est précisément ce que la recherche doit déterminer.


2. MANOLO MILLARES — Sans titre, 1962

Ici, je recherche la qualité plutôt que le prix bas.

Une œuvre importante de Millares datant de 1962 appartient à un moment essentiel de l’art européen d’après-guerre.

Si la provenance, l’état de conservation et la qualité sont au rendez-vous, il pourrait s’agir de l’œuvre la plus importante de cette sélection.

3. MICHAEL KVIUM — Portrait of a Possessed, 1985

C’est mon choix « sous le radar ».

Une peinture ancienne et importante d’un artiste disposant d’un marché scandinave établi, proposée chez Bruun Rasmussen, représente exactement le type d’opportunité qui peut échapper aux collectionneurs surveillant uniquement Londres, Paris et New York.

LE REGARD DE L’EXPERT

L’objectif de cette sélection hebdomadaire n’est pas de trouver les dix œuvres les plus chères proposées aux enchères.

Bien au contraire.

Je recherche les œuvres où quelque chose m’oblige à m’arrêter :

Une date particulièrement ancienne ou importante.Une provenance intéressante.Une estimation étonnamment basse.Un artiste dont l’importance historique pourrait être supérieure à sa valeur actuelle sur le marché.Une œuvre proposée dans une maison régionale où la concurrence internationale pourrait être moins forte.

Mais une estimation attractive ne signifie jamais automatiquement une bonne affaire.

Avant d’enchérir, j’examinerais toujours l’état de conservation, la provenance, les documents d’authenticité, l’inclusion au catalogue raisonné lorsqu’elle est pertinente, l’historique des expositions, les résultats antérieurs aux enchères, les œuvres comparables et les frais acheteur.

Parfois, la recherche confirme une opportunité.

Parfois, elle vous explique exactement pourquoi l’estimation est si basse.

Et parfois, la décision la plus rentable est tout simplement :

Ne pas enchérir.

Gérard Van Weyenbergh Expert en Art


 
 
 

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